NEUVAINE DE NOËL 6ème et 7ème jours

Publié le par monSeigneur et monDieu

NEUVAINE DE NOËL 6ème et 7ème jours
NEUVAINE DE NOËL 6ème et 7ème jours

NEUVAINE DE NOËL 6ème jour - 21 Décembre

 

Jésus prisonnier dans le sein de Marie

 

« Je suis devenu comme un homme privé de tout secours, libre entre les morts ».

 

 

Considérons combien le Verbe incarné dut souffrir de se voir enfermé durant neuf mois dans le sein de Marie comme dans une étroite et obscure prison. Si les autres enfants naissent dans les mêmes conditions, ils n'en sentent point les incommodités, puisqu'ils n'en ont pas conscience, Jésus en avait une pleine connaissance, puisque « dès le premier moment de Son Incarnation, Il eut le parfait usage de Sa raison, Il avait des sens, et Il ne pouvait s'en servir ; Il avait des yeux et ne pouvait voir, une langue, et Il ne pouvait parler, des mains, et Il ne pouvait les mouvoir, des pieds, et Il ne pouvait marcher. C'est ainsi que le Psalmiste appelle sépulcre le sein de Marie, où durant neuf mois le Sauveur dut séjourner. Comme un homme libre au milieu des morts. Il était libre, car c'est volontairement, qu'Il s'était rendu captif dans cette prison ; Son Amour seul l'y tenait étroitement enchaîné. Il était libre, et cependant Il n'avait pas plus de mouvement qu'un mort.

 

Le sein de Marie, fut pour notre Divin Rédempteur une prison volontaire, car il n'y fut retenu que par Son Amour. Mais ce fut en même temps une prison de justice : bien qu'innocent, Jésus s'était offert à expier nos fautes et à payer nos dettes : c'est donc avec raison que la Divine Justice le retint ainsi emprisonné, commençant à exiger par ce premier châtiment la satisfaction qui Lui était due.

 

 

Voilà donc à quoi se réduit le Fils de Dieu, pour l'amour des hommes : Il se prive de Sa liberté, Il se met dans les chaînes, pour nous délivrer des chaînes de l'enfer. Jésus, uniquement par amour pour nous, sans y être autrement contraint, s'est fait notre caution et notre libérateur ; Il s'est offert à payer nos dettes, et Il les a réellement payées de Sa Vie Divine ; Il s'est chargé des peines dues à nos crimes. Et nous pourrions vivre sans Lui en témoigner notre reconnaissance, sans Lui rendre Amour pour amour ! Gardez-vous, nous dit l'Esprit-Saint, d'oublier la générosité de Celui qui s'est fait votre caution ; car c'est pour vous qu'Il a donné Sa Vie.

 

 

Affections et prières

 

 

Mon Jésus, Vous m'avertissez de ne point oublier la grâce inappréciable que Vous m'avez faite : je Vous en remercie. J'étais débiteur, j'étais coupable ; et Vous, qui étiez innocent, Vous mon Dieu, par Vos souffrances et Votre mort, Vous avez bien voulu payer mes dettes. Après cela, n'ai-je pas oublié Vos bienfaits et Votre amour, n'ai-je pas eu l'audace de Vous tourner le dos, comme si Vous n'étiez pas mon Souverain Maître, comme si Vous ne m'aviez point aimé ! Mon cher Rédempteur, je l'avoue, j'ai été bien ingrat envers Vous, mais je suis résolu de ne plus me rendre coupable d'un tel crime. Vos souffrances et Votre mort seront l'objet habituel de mes pensées, elles me rappelleront sans cesse l'Amour que Vous m'avez porté.

 

 

Je maudis ces jours où, perdant le souvenir de ce que Vous avez souffert pour moi, j'ai fait un si mauvais usage de ma liberté. Vous me l'avez donnée pour Vous aimer, et je m'en suis servi pour Vous outrager ! Mais aujourd'hui, cette Liberté que j'ai reçue de Vous, je Vous la consacre tout entière. Daignez attacher ma pauvre âme à Vos pieds sacrés, par les chaînes de Votre Amour, afin qu'elle ne s'éloigne jamais plus de Vous.

 

Père éternel, par le mérite de la captivité de Jésus dans le sein de Marie, délivrez-moi des chaînes du péché et de l'enfer. Et Vous, ô Mère de Dieu, secourez-moi. Jésus, en se faisant Votre prisonnier, Vous a donné tout pouvoir sur Lui ; il exécutera donc tout ce que Vous lui demanderez. Ah ! Dites-Lui qu'Il me pardonne, dites-Lui qu'il me rende saint. Par la grâce et l'honneur qu'Il Vous fit d'habiter dans Votre sein virginal, je Vous en conjure, aidez-moi, ô ma Mère.

Septième jour - 22 Décembre

 

Peine causée à Jésus par l'ingratitude des hommes

 

 

«Il est venu chez les siens, et ceux-ci ne l'ont point reçu».

 

 

Un jour, pendant les fêtes de Noël, Saint François d'Assise, inconsolable, allait pleurant et soupirant par les chemins et les bois. Quelqu'un lui ayant demandé la cause de sa douleur : « Ah ! répondit-il, comment ne pleurerais-je pas, quand je vois que l'amour n'est point aimé ! Je vois un Dieu aimer l'homme jusqu'à la folie, et l'homme ne témoigner à ce Dieu que de l'ingratitude ». Si cette conduite des hommes affligeait tant le cœur de Saint François, combien plus ne dut-elle pas affliger le Cœur de Jésus !

 

A peine conçu dans le sein de Marie, Il vit la cruelle ingratitude dont devaient être payés Son Amour et ses bienfaits. Il était venu du Ciel pour allumer sur la terre le Feu de l'Amour Divin ; pour réaliser ce désir, Son Cœur s'était librement plongé dans un abîme de douleurs et d'opprobres. Mais voilà qu'au lieu des fruits délicieux de la Divine Charité, Il voit la plupart des hommes produire des œuvres de péché. Cette vue, dit Saint Bernardin de Sienne, causa à Jésus Enfant une douleur infinie.

 

Nous-mêmes, n'éprouvons-nous pas une cruelle peine à voir nos bienfaits payés d'ingratitude ? N'est-il pas vrai que le manque de reconnaissance afflige plus notre âme que la souffrance n'afflige notre corps ? Quelle ne dut pas être la douleur de Jésus-Christ, notre Dieu si aimant, de voir que nous répondrions par des offenses et des mépris à son amour et à ses bienfaits. Lui-même s'en plaint par la bouche de David : « Ils m'ont rendu le mal pour le bien, la haine pour l'amour ». Hélas ! Aujourd'hui beaucoup de chrétiens font-ils cas de l'amour de Jésus-Christ ? Notre Rédempteur apparut un jour au bienheureux Henri Suso sous la forme d'un pèlerin : Il allait de porte en porte mendier un gîte, mais tous le repoussaient avec force injures. N'avons-nous pas été jadis du nombre de ces ingrats, qui répondent aux bienfaits par des mépris et des outrages ? Et maintenant persévérons-nous dans la révolte contre notre Souverain Bienfaiteur ? Oh non ! Qu'il n'en soit plus ainsi ; et, pour cela, n'oublions jamais que le tout aimable Sauveur est venu du Ciel souffrir et mourir pour nous afin de gagner notre amour.

 

 

 

Affections et prières

 

 

 

Il est donc vrai, ô mon Jésus, que Vous êtes descendu du Ciel pour Vous faire aimer de moi ; il est vrai que Vous avez embrassé une vie pleine de souffrances et que Vous êtes mort sur la Croix pour mon amour, afin de Vous ouvrir l'entrée de mon cœur ? Et moi, qu'ai-je fait ? J'ai osé si souvent Vous chasser de mon cœur, pour y laisser entrer le démon ! Ah ! si Vous n'étiez un Dieu d'une bonté infinie, si Vous n'aviez donné Votre Vie pour me pardonner, je n'oserais jamais implorer mon pardon ; mais je Vous entends me l'offrir, quand Vous me dites par Votre prophète : « Reviens à moi, et je me tournerai vers toi ». Vous voulez être aussi mon intercesseur auprès de Votre Père ! Mon Jésus, je ne veux pas Vous faire une nouvelle injure en me défiant de Votre Miséricorde. Je me repens de tout mon cœur de Vous avoir méprisé, ô Bien suprême. Daignez me recevoir dans Votre grâce ; je Vous en conjure par le Sang que Vous avez répandu pour moi.

 

Non, mon Rédempteur et mon Père, je ne suis plus digne d'être appelé Votre fils, après avoir tant de fois renoncé à Votre Amour ; mais Vos mérites m'en font digne. Je Vous remercie, ô mon Père, je Vous remercie et je Vous aime. Ah ! Le seul souvenir de la patience avec laquelle Vous m'avez supporté durant tant d'années, et des grâces que Vous m'avez prodiguées malgré les outrages dont je me suis rendu coupable, devrait me faire brûler d'un continuel amour pour Vous. Venez donc, mon Jésus, venez habiter mon pauvre cœur ; je ne veux plus Vous chasser, je veux Vous aimer toujours. Embrasez-moi de plus en plus du Feu de la Divine Charité, et pour cela, rappelez-moi sans cesse l'Amour que Vous m'avez porté.

 

Ô ma Souveraine et ma Mère, Marie, aidez-moi, priez Jésus pour moi. Faites que désormais et sans retour je me montre reconnaissant envers ce Dieu qui, malgré toutes mes offenses, m'a si tendrement aimé.

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